samedi 10 mars 2018

Guerre d'indépendance au Cameroun: Le jour où Mo'oh Kemjio fut tué

Ce matin-là, on avait entendu les crépitements des armes, les bruits de canon ; les populations réveillées fuyaient dans tous les sens et ceux qu’on rencontrait et qui venaient du Nord, côté Mbouda, recommandaient de faire demi-tour. Ils disaient : Akan Ntooh nsi chièh (les Gens aux caques à la tête arrivent),  l’armée arrive pour traduire ce que cela voulait dire. L’armée ! Elle tirait effectivement sur tout.
Une journée des malheurs avait commencée. A Sa’ah, là où on avait le choix de fuir vers Dzem Toh ou retourner vers Mengnhè ou Tekang, c’était l’incertitude. Là, dans une maison, quelques hommes, à la recherche d’un lieu sécurisé, avaient été réunis par le hasard : Pa François, Mo’oh Kemjio et deux autres personnes de la même génération. Mo’oh Kemjio comme tout un chacun en ces années de guerre dans l’Ouest Cameroun, fuyant devant l’armée française qui combattait en pays Bamiléké, était, lui aussi à la recherche d’un lieu sécurisé.
Comme nous le raconte Pa François, ils prirent un repas ce matin-là et Mo’oh Kemjio en se servant dit cette phrase : Mangeons, il se peut que ce soit le dernier repas que nous prenons car, qui sait si aujourd’hui, nous survivrons.
Sorti de cette maison, le petit groupe se sépara, chacun prenant une direction différente. Pa François parti avec un compagnon, une connaissance. Ils se dirigèrent vers kiagni, ce quartier de Baleveng frontalier de Bamendou, en longeant par les champs la route et en traversant le quartier Tekang jusqu’au lieu de jonction des cours d’eau qui forment la plaine de To’ok Ngnhè, cette large plaine qui se prolonge jusqu’à Bamendou puis, remontèrent le cours de la rivière qui arrive à Nfo’oh Nong et revinrent en soirée à Mengnhè par le côté Nfo’oh Kezang.
Revenus ce soir-là ils allèrent de concession en concession, vérifiant que tout le monde avait survécu au nettoyage de l’armée. Ils apprirent qu’on déplorait la mort de Pa Marcoussi, un de ses beau-frère, plus exactement le frère-cadet de son beau-père ; que Mo’oh Kemjio avait été tué aussi par l’armée française.
Mo’oh Kemjio, c’était un notable. Il régnait sur un des quartiers de Ndzag, voisin de Mengnhè. C’est donc de ce jour-là où il fut tué qu’il s’agit ici.
La guerre avec ses atrocités blesse toujours en profondeur les âmes. Sorti d’elle, on a hâte à tout oublier à ne plus en parler ; à éviter les prochaine guerres. Les jeunes qui, pour des raisons de mémoire veulent comprendre ce qui s’est vraiment passé pendant les temps de ce qu’on appelle à l’Ouest les années de la guerre, posent avec raison des questions, soit parce qu’on les portait sur le dos pour « fuir la guerre » comme on disait, soit parce qu’ils sont nés juste après et veulent découvrir une partie de l’histoire de leur pères et mères, de leur région, de leur pays et maintenant la leur.
Ne leur devons-nous pas une réponse, nous qui, petits mais assez grands pour participer, vivre à notre manière la guerre, mais aussi en victimes qui connûmes cette guerre avec ses contingences ? Ne leur devons-nous pas cela puisque nous fûmes témoins et victimes à la fois ?
Oui, le jour où Mo’oh Kemjio tomba, fauché par les balles de l’armée française qui combattait l’Armée Nationale de Libération du Cameroun, a marqué l’enfant que j’étais ; elle a marqué le quartier qu’il dirigeait, à Ndzag le village dont dépendait sa division administrative traditionnelle, et sa famille que sa mort laissa orpheline. On peut dire qu’il a payé de sa vie, avec tout Ndzag, Baleveng, la Sud-division de Dschang, le pays Bamiléké un tribut pour l’indépendance du Cameroun.
C’est justement parce qu’il voulait savoir des choses sur la guerre d’indépendance au Cameroun que le petit Sokeng Noudem me demanda de raconter ce que je sais ou que j’apprisses de l’événement, et surtout sur le jour où ce grand notable fut tué et si comme on raconte, c’est bien l’armée française qui le fit.
- La guerre, il faut commencer par ça, lui ai-je dit.
- Pour quoi perdre son temps par ça, me le demanda-t-il. Il faut aller à l’essentiel ; dit-il puis, continuant, il voulut savoir comment. Sur lui, lui-a-t-elle pointé le fusil et tirer bam, questionna-t-il, ou, demanda-t-il, cette armée l’a arrêté ; lui as posé des questions et sur son refus de trahir elle l’a exécuté dans sa fureur ? 
- Parce que, lui répondis-je, c’est le commencement des choses ; le commencement de la vérité.
- Tout le monde, surtout parmi les jeunes générations, n’a qu’une vaque mémoire de cette douloureuse période. Lorsqu’on en parle, on se rend compte que le temps, progressivement effaçait cela des mémoires, et le dire aujourd’hui fait un grand bien. Je ne sais vers qui me tourner et comme tu es là et as connu cette période, je crois que j’ai une chance d’apprendre autant de lui que de ce qui lui est arrivé m’a dit un vieil ami qui, me disant que parchemin en ces temps modernes conserve mieux les souvenir, souhaitait que nous racontions cette histoire-là.
Je puis, vu le peu d’éléments que garde ma mémoire, lui ai-je répondu
- Oui, sans doute mais, si tu en parlais à mon ami Djeugo Daniel ; si tu en parlais à notre grand Tonton Martin qui prit la succession et est aujourd’hui Mo’oh Kemjio ; si tu en parlais à mon Grand papa François Nongni connu aussi sous le nom Gata avec qui Mo’oh Kemjio prit le dernier repas ce jour-là, tu diras plus de choses exactes en plus de ce que je te dirais.
- Mais lui dis-je, toutes ces personnes ne se retrouvent pas, comme au bon vieux temps, sous le même toit ou au même endroit !
- Oui mais, me dit-il, le temps presse et je ne puis rencontrer toutes ces importantes personnes. Dis-moi seulement ce que tu sais, ce que tu as vécu et ce que, lui et les autres grandes personnes de ce temps-là ont vécu.
- Commençons, lui dis-je encore, par la guerre.
- Oui, me dit-il, si tu penses qu’il faut absolument commencer par cela.
- Je le crois. Cette guerre-là était particulière. Elle était la conséquence du différent politique entre les politiques. Les uns, encouragés par la puissance tutélaire voulaient prolonger la tutelle de la France sur la Cameroun et les politiques qui voulaient la réunification de tous les  Camerouns pour que le Kamerun qui accédera à l’indépendance soit celui-là qui était sous le protectorat allemand avant que la société des nations puis l’Onu en fit sa pupille et confia l’administration à la France et au royaume Uni.
Il n’y a pas que Bamendou qui fut la victime de cette armée-là ; il n’y a pas que Baleveng  tout entier qui fut meurtri ; il n’y a pas que Ndzag ; il y eut des familles meurtries et celle de Mo ’oh Kemjio en en est une et en sait quelque chose de cette période des tempêtes et de ravages guerrières.

Lorsque l’Upc et le « One Kamerun », ne pouvant supporter les contraintes à l’exil, décident de la création d’une armée de riposte le 10 juin 1959, le commandant Singap Martin et son adjoint Momo Paul en prirent la conduite. Cette armée dénommée «l’Armée de Libération Nationale du Kamerun»  lance un mois après, des contre-offensives dont la première eut lieu le 27 août 1959 dans la plupart des villes et villages Cameroun. La guerre de libération nationale était ouverte et progressait de victoires en victoires dans les guérillas urbaines des grandes villes et dans les affrontements des combats rangés des campagnes.
En pays Bamiléké, les villages qui soutenaient la cause était considérés comme des zones libérées et concernait la grande partie de la région bamiléké qui resta sous le contrôle de l’ANLK de 1959 à 1962.
Ce que les mémoires à Ndzag, à Mengnhè et à Sa’ah retiennent de cette période c’est cette perte d’un grand dirigeant, d’un grand notable qu’était Mo'oh Kemjio.
- Mais, qui était vraiment Mo'oh Kemjio, me demanda mon vieil ami.
- Pourquoi veux-tu que je dise absolument qui était-il lorsque toi et moi le savons, lui demandais-je.
- C’est mieux car nul ne sait s’il était mince, trapu, grand et gentil par exemple.

Tas raison, lui dis-je avant d’ajouter que, ce je dirais est juste ce que j’ai dardé de ma mémoire d’enfant, de celle d’un enfant de cours préparatoire deuxième année des années 1958 au Cameroun. Puis, reprenant ma respiration, je disais :
Mo’oh Kemjio était le frère du père de mon ami Daniel Djeugo, Papa Ndowty (C’est, en tout cas comme cela que, enfants, nous entendions prononcer son nom). Les deux se ressemblaient beaucoup. Mo’oh Kemjio était très brun, un beau et élégant Monsieur que nous courrions regarder quand, le jour du marché de Baleveng, il passait, accompagné de Pa Mitok devant notre domaine. 
- Quand est-ce que le drame arriva, me demandes-tu ?
Quelques jours avant, e jour où le drame, on redoutait une action de l’armée française. Il faut dire que la mort avait souvent frappé dans toute la région Bamiléké et Baleveng. Pour éviter les surprises belliqueuses, la prudence voulait que l’on développât un système de renseignement visant à anticiper les incursions de l’armée française dans les villages acquis à la cause de l’indépendance du Cameroun.
Le jour où Mo’oh Kemjio tomba sous les balles de l’armée française tout comme celui où le fut Papa Marcoussi, nous a marqué à toujours. 

Daniel TONGNING
9 mars 2018

samedi 17 février 2018

Recevoir le bonheur

Recevoir le bonheur, c’est se séparer de son superflu,
Et laisser libre pour l’épanouissement, la place à ce présent,
Qu’à la recherche, on nomme la bonté, le bon accueil, le bienfait,
Et encore, je ne dis pas tout.

Le bonheur revêt plusieurs formes et porte, selon son avènement
Le bien-être que seul le bénéficiaire peut nommer
Ou dire comment il l’inonde et comment il le récent.

Accepter l’amitié, c’est se contraindre à entrer dans la vérité,
Et passer le temps à venir, à faire la chasse à la trahison,
Et à obéir au raisonnable de l’amour.
Aimer, c’est, devant sa non-réciprocité, de sa non-négociabilité, se plier.

Comment être mieux,
Comment recevoir mieux,
Sans faire l’espace nécessaire, sans faire ce sacrifice,
Bon pour tenir intact le bonheur qui entre
Sans vouloir par égoïsme élever des barrières
A l’entrée dans les lieux, dans votre espace, l’agent du bonheur ?

Accepter l’amitié, c’est, s’incliner devant elle,
Et la profondeur du pli de votre tunique,
Ou la rondeur de votre cœur, sans être servile
Exprimera celle de votre abandon à la vérité.

Le bonheur en route vers chacun, ne fait aucun bruit ;
Il a horreur des clairons et avance,
Comme à pas compté,
Ou comme l’écoulement des eaux paisibles de la plaine.

Si l’un des vôtres dit que vous ne le gênez pas,
Croyez-le mais ne l’exaspérez pas,
Car si le bonheur n’est en aucun cas malfaisant,
L’exaspération en fait de la peine pour l’agent par lequel il vient à nous.

Daniel TONGNING
17 Février 2018

samedi 3 février 2018

Pourquoi tout le temps se plaindre ?


Les gens sont terribles
Pourquoi, tout le temps se plaindre?
Ne faut-il pas juste, avec prudence certes, regarder,
Regarder la vie dans sa pureté, 
Celle qui n’est pas tromperie mais vérité ?
Ils oublient que la vie est magnifique,
Plutôt que de regarder la vie avec reconnaissance,
Ils passent le temps à regretter ce qu’ils n’ont pas,
Et oublient d’apprécier ce qu’ils ont déjà
Tu te lèves, les tiens te disent bonjour,
Tu sors de chez toi, amis et voisins,
Voire simples passants te saluent ;
Tu vas au travail, passe une journée laborieuse
Et le soir tu rentres chez toi.
C'est très bien et gratifiant.
Entre temps des choses se sont passées et tu es encore là.
Tu es fâché ? 
Il faut bien que tu aies ta part de contrariété ;
Tu es content ?
Il faut que tu aies aussi ta part de joie.
Rien ne te fait sourire ou pleurer ?
Il faut que tu aies un peu de calme,
Si non comment apprécieras-tu la vie ?
Tu as les poches vides ?
Mais faut-il que les poches soient toujours pleines ?
Si elles sont vides, c’est que tu as donné ;
Si elles sont encore pleines penses à l’avarice qui te nourrit
Mais la pauvreté n’est-elle pas enseignante ?
Et n’as- tu pas la vie pleine de joie ?
Cesses de ronchonner et regardes avec les yeux d’enfants
La vie que tu as à vivre et aime toi-même
Avant de chercher l’amour du prochain.
Sois content de ce que tu es et de ce que tu as dans la vie.

Daniel TONGNING
Janvier 2018

Pourquoi tout le temps se plaindre



samedi 13 janvier 2018

Les Entorses, Empire de la Négation

Bomber le torse,

Brandir sa force,

Intimider au nom du pouvoir,

Pouvoir acquis par ruse

Aux yeux de tous sans surprise ;

Pouvoir que de droit on s’octroie

En fermant à tout recours la voie

Ou, ou,

Pouvoir  par la loi conféré

Qu’imposent au gens atterrés,

Des responsables à la raison perdue,

Constituent le vaste empire

De l’intolérance, de l’usurpation,

Où par la peur  prolifèrent des régimes d’entorses.



Les entorses, ces pratiques qui ruinent ;

Entorses, manières qui à tout nuisent :

Entorses aux droits,

Entorses au vivre en paix

Entorses aux libres mouvements

Entorses de lire et d’écrire librement

Entorses à la promenade la main dans l’autre

De la femme et de son époux amoureux

Entorses aux peuples de retirer au prince

Le mandat qu’il lui a confié ;

Entorse à la règle qui oblige le retour aux urnes

Entorses  aux droits des femmes ;

Entorses aux droits des enfants

Entorses à l’alimentation du corps

Entorses au respect de la vie ;

Entorses,

Entorses….

Entorses, entorses.



Entorses, empire de la négation

Entorses, cancer qui ruinent la vie

La vie de l’homme,

La vie des populations,

La vie des nations,

La vie du monde

Et nourrit le mal, le mépris, l’hypocrisie….

L’exploitation des faibles nations

A la recherche de leur autonomie de décision

Entorses qui ruinent les petits

Et renforcent les grands dans la toute puissance

Et en fait des forces dont le bonheur des peuples embête

Et qui trouvent dans le malheur des petits leur jouissance.

Daniel TONGNING
13 janvier 2018

dimanche 3 décembre 2017

L'AFRIQUE QUE JE HAIS

L’Afrique que je hais,
Celle du silence,
Celle qui ne s’aime pas,
Celle que les autres peuvent impunément insulter,
Celle qui, sans broncher accepte l’humiliation,
Celle qui aliène sa dignité contre la bonté,
L’Afrique que les autres méprisent ;
Celle de l’indifférence.

L’Afrique que je hais ;
Celle des Africains qui encore, esclavagent
Celle qui vend ses enfants,
Celle qui se tait lorsque les siens souffrent,
Celle des dirigeants qui se taisent lorsqu’en captivité
Ses enfants sont gardés, violés et martyrisés ;
Celle qui oublie sa religion et adopte celle des esclavagistes ;
Celle qui ne sait plus dire bonjour en sa langue.

L’Afrique que je hais,
C’est celle qui, elle-même, se mésestime ;
Celle qui toujours aime dire qu’elle a été colonie,
Celle qui maudit son bourreau mais mange dans sa main ;
Celle qui dit être libre, et aurait voulu être morte
Si elle ne l’était pas, mais se soumet heureux à la servitude ;
Celle qui se complaît dans la compagnie de ses exploiteurs
Celle qui vend son droit contre le confort,
Celle qui, prétextant de sa pauvreté, toujours se complaint 
Celle qui ne se défend pas et sous-traite sa défense ;
Celle des Africains qui refusent la critique,
Torturent ses démocrates, divinisent ses dirigeants ; 
Empêchent les manifestations d’humeur ;
L’Afrique donneuse de leçons et éternelle demandeuse d’aide.

L’Afrique que  je hais,
Celle qui n’invente pas ; ne fait rien pour, et sans projet,
Court vers l’horizon vide d'honneur, mais riche en désolation,
Celle des Africains qui ne jurent que par l’Etranger,
L’Etranger  avec qui ils appauvrissent  la riche Afrique.
L’Afrique qui, comme une fille déshonorée,
Précipitée sur le pavé, se complaint dans la débauche
Comme si elle était la prisonnière de la fatalité.

Jeunesse d’Afrique, ne regarde plus ton nombril ;
Lèves ta tête, ouvres tes yeux et regardes bien ;
Ces gouvernants menteurs, éternels aux pouvoirs,
Complices silencieux de ton malheur !
Ouvres les yeux, écarquilles-les ; regardes le monde et bats-toi,
Ouvre ta bouche, dis et montre ton intelligence, ta force,
Parle et agis en toi, sur toi, dans ton milieu et dans ton pays ;
Défends ta culture, chasse les usurpateurs et prends ta place,
Ton dû dans le concert des civilisations.
Ton bonheur est sous tes pieds ;
Il est partout dans ton pays.

La fuite ne t’aidera pas,
La résignation te détruira 
Et ton ennemi fera de toi son esclave.
Sa religion ne l’en dissuadera pas
Car, il ne craint pas et se proclame bon croyant,
Et pour son âme, donne aux siens l’aumône.

L’Afrique que j’aime, c’est celle qui en tout se libère ;
Celle qui brise toutes les chaînes, 
Sort des prisons, détruit  les  pénitenciers
L’Afrique qui se bat et refuse la pitié,
Celle qui poursuit les esclavagistes et les combat,
Celle qui ne veut plus d’humiliation ;
Celles des Africains qui ne vendent pas leurs frères.
Celle qui est crainte, qui aime  et qui protège ses enfants ;
Celle des matins heureux, de la dignité affirmée et partout défendue.

Daniel Tongning
Le 02 décembre 2017


samedi 21 octobre 2017

Raison d’Etat et Vérité

Dans leur char, et bien haut placés, et malgré ce brumeux couvre-chef
Brouillard  voilant le faîte du mont Cameroun, Les Dieux  tristes,
Regardent ce qui reste du dépeçage colonial organisé de ce pays,
Patiemment réuni par des patriotes de bonne volonté
Mais à présent ruiné par des pouvoirs en divinités organisés
Sorte de gouvernants peu inspirées et aux oreilles bouchées,
A l’orientation critiquable, irritables par toutes réflexion du peuple,
Origine actuel des frustrations et des revendications justifiées,
Et maintenant d’une sérieuse révolte.

Mécontentements exprimés et  jamais pris en considération ;
Frustrations auxquelles s’oppose le mépris de ces  devins ;
Révolte des opprimés accusés de traitrise
Par des seigneurs aux pouvoirs illimités
Et à la domination sans limite sur des vies
Qui leurs fait perdre la réalité et les éloigne de la justice.

La raison d’état, insuffisante pour le bonheur du peuple,
N’est pas opérante lorsqu’il n’y a pas de justice.
L’injustice éloigne du réel, et la défiance est l’autodéfense
Du peuple trompé et martyrisé.
La vérité qui n’épargne aucun domaine
Apprend que qui veut servir le peuple, doit en premier s’accorder
Avec  la réalité, la justice,  et  avec la vérité,
Et sous son autorité, et en son nom, agir pour le bien du peuple.

Daniel TONGNING, 21 octobre 2017.