jeudi 20 juin 2013

La vérité poétique et la vérité romanesque

Mon cher ami, je n’ai jamais su mentir ;
Et me traiter de menteur, c’est me punir.
Tu dois t’en souvenir pour toujours
Afin que pour la vie j’ai en abondance des jours.
Pour que nous n’en parlions plus,
Et que ce soit, pour ta connaissance le surplus,
Je te livre ceci : lorsque je vais dire la vraie vérité,
Et je ne te le dis pas pour plaire, des bontés.
Mais, je te le dis : la vérité est toujours en poésie
Car loin d’être une fantaisie,
Elle est vérité, et la vraie, est toujours poétique,
Et ne me dis pas que c’est fantastique.
Lorsque je veux dire des choses du monde,
Et pour bien les faire choir,
J’écris des véritables histoires.
Et comme elles sont romanesques, c’est épatant.
D’ailleurs, comme c’est pour la vie, c’est un roman.
Je peux donc te dire que la vraie vérité est poétique
Et que les vérités de la vie sont romanesques.
Le dis-je parce que cela plaît ?
Non, parce qu’il n’y a de vérité vraie,
Que la vérité poétique.
Pour la vie, les vérités sont dites par des talents
Qui, romanesques, racontent  en amants,
Le cœur sur la main, des vérités bien romanesques.
Mais, tiens-le pour dit, une histoire poétique,
Naît dans des âmes gagnées par l’impuissance de raisonner.
La vérité poétique dit que sa consœur romanesque se répand
Mais, ne dit pas que c’est à ses dépends.
Elle sait : la vérité romanesque est capable d’assaisonner
Nos vies en racontant par des mots, les maux
Sortis comme sait le faire les romanciers, de leurs chapeaux.

Daniel Tongning

Garges, le 19 juin 2013