lundi 20 janvier 2014

Orifiques de Jean-Claude Awono

Jean-Claude Awono est un poète camerounais ; un confrère. J’ai lu « Orifiques ou neuvaines enchantées », son ouvrage publié aux éditions Ifrikiya en 2007, année de la décennie 2000, période de la nostalgie  des années 80, âge d’or du système éducatif camerounais qui, victime  de la crise qui se déclara en 1985, inflige depuis lors des souffrances à un Cameroun qui, avec la complicité des bailleurs de fonds, des programmes de stabilisation et d’ajustement structurel a opté un temps, pour la mise en veilleuse de ses réflexions sur le devenir de la nation à moyen et à long terme, et mit en difficulté les peuple et la jeunesse.
Orifiques ou neuvaines enchantées, une œuvre profonde à la voix puissante, au cri interpellateur et raisonné, me semble être une série des prières pour un pays malade de ses orientations, marquant l’attachement du poète au Cameroun, un attachement fait de tendresse et de respect au relèvement de la justice qu’attendent la jeunesse et le peuple du Cameroun. On y sent les complaintes, adressées au créateur de la vie, et la référence au fleuve est révélateur mais, ces complaintes sont celles d’un enfant de la liberté bien lucide, amoureux de son pays puisque lui le poète, a toujours été « de la même génération que la liberté » acquise par le Cameroun.
Orifiques, c’est aussi une critique de l’organisation territoriale : Neuf provinces au lieu de dix. Neuf est plus dynamique et permet la réflexion, l’expansion des actes alors que dix est la fin d’un parcours. Orifiques, c’est une grande vérité. L’enfantement par l’origine du monde donne la liberté, la vérité. C’est juste et c’est par la poésie qu’elle peut être dite puisqu’il n’y a en littérature de vérité vraie que la vérité poétique, expression des mouvements de l’âme, qui livre à la critique la raison et expose au monde la laideur qui vers l’abime entraine et donne une idée de ce qui, de l’œuvre des bâtisseurs reste.
Si j’ai aimé cet ouvrage, ma première impression me porte à le relire car le côté mystique des « Neuvaines enchantées » ont encore de quoi surprendre les lecteurs.