samedi 12 avril 2014

Ils sont ici étrangers

Dans la vie des humbles, regrets qui empoisonnent ;
Maux méphistophéliques qui leur tronçonnent
En morceaux la vie et veulent arracher de leur bouche
Ce qu’ils ont de beau et qui comme l’eau de la douche,
Prompte,  jaillit de la poire pour livrer à ce petit monde
Les bienfaits  que par mille manières elle inonde.

Regrets, plaies qu’infligent au prochain
Les gens qui aux pouvoirs conduisent par mille drains
Sur les humbles, des malheurs sans nombre,
En se disant qu’encore, ils sont pour lors sobres,
Puisque leur immense pouvoir leur donnerait
D’être en cruauté,  beaucoup moins en retrait.

J’ai de tout ces temps observé cela en travaillant
Avec ces gens qui, se voulant mages, mais plus brigands,
Détroussaient de leur dignité les humbles
Qui honnêtement, n’étaient point gens des troubles,
Et ne voulaient qu’à l’entreprise apporter leur pierre,
Chose qu’on leur interdit, peu importe la terre entière.

Le motif : Même s’ils sont comme nous ici,
Ils ne sont pas d’ici et nous le savons ainsi.
Même si comme nous ici ils sont bergers,
Ici et chacun le sait, ils sont étrangers.
On n’aime pas ceux-là ; pas leur couleur charbon,
Et il faut qu’à tout prix qu’en pensée on donne le ton.

Pour le départ de ces gens qui déteint sur le voisinage ;
Puisqu’ils ne sont pas les bienvenus au pays de la neige,
Sur ces terres qu’on aime et qui sont comme toujours
Nôtres, et jusqu’à la fin des temps et surtout de nos jours.
Il faut qu’ils partent, qu’ils rentrent, ou qu’ils crèvent.
Qu’ils se cachent au besoin mais que nos fils les retrouvent.

Mais moi, et pas l’étranger, satisfactions de ne pas les suivre,
Heureux ici, moi et pas étranger, de leur survivre,
Et de les aimer, et de tisser avec eux malgré tout des liens.
Heureux de ne pas les haïr mais de les aimer en bien,
Heureux de ne pas, en étant ici leur faire la guerre
Mais d’être d’ici et de cultiver avec eux, l’amour et la terre.

Daniel TONGNING

Août 2012