dimanche 3 décembre 2017

L'AFRIQUE QUE JE HAIS

L’Afrique que je hais,
Celle du silence,
Celle qui ne s’aime pas,
Celle que les autres peuvent impunément insulter,
Celle qui, sans broncher accepte l’humiliation,
Celle qui aliène sa dignité contre la bonté,
L’Afrique que les autres méprisent ;
Celle de l’indifférence.

L’Afrique que je hais ;
Celle des Africains qui encore, esclavagent
Celle qui vend ses enfants,
Celle qui se tait lorsque les siens souffrent,
Celle des dirigeants qui se taisent lorsqu’en captivité
Ses enfants sont gardés, violés et martyrisés ;
Celle qui oublie sa religion et adopte celle des esclavagistes ;
Celle qui ne sait plus dire bonjour en sa langue.

L’Afrique que je hais,
C’est celle qui, elle-même, se mésestime ;
Celle qui toujours aime dire qu’elle a été colonie,
Celle qui maudit son bourreau mais mange dans sa main ;
Celle qui dit être libre, et aurait voulu être morte
Si elle ne l’était pas, mais se soumet heureux à la servitude ;
Celle qui se complaît dans la compagnie de ses exploiteurs
Celle qui vend son droit contre le confort,
Celle qui, prétextant de sa pauvreté, toujours se complaint 
Celle qui ne se défend pas et sous-traite sa défense ;
Celle des Africains qui refusent la critique,
Torturent ses démocrates, divinisent ses dirigeants ; 
Empêchent les manifestations d’humeur ;
L’Afrique donneuse de leçons et éternelle demandeuse d’aide.

L’Afrique que  je hais,
Celle qui n’invente pas ; ne fait rien pour, et sans projet,
Court vers l’horizon vide d'honneur, mais riche en désolation,
Celle des Africains qui ne jurent que par l’Etranger,
L’Etranger  avec qui ils appauvrissent  la riche Afrique.
L’Afrique qui, comme une fille déshonorée,
Précipitée sur le pavé, se complaint dans la débauche
Comme si elle était la prisonnière de la fatalité.

Jeunesse d’Afrique, ne regarde plus ton nombril ;
Lèves ta tête, ouvres tes yeux et regardes bien ;
Ces gouvernants menteurs, éternels aux pouvoirs,
Complices silencieux de ton malheur !
Ouvres les yeux, écarquilles-les ; regardes le monde et bats-toi,
Ouvre ta bouche, dis et montre ton intelligence, ta force,
Parle et agis en toi, sur toi, dans ton milieu et dans ton pays ;
Défends ta culture, chasse les usurpateurs et prends ta place,
Ton dû dans le concert des civilisations.
Ton bonheur est sous tes pieds ;
Il est partout dans ton pays.

La fuite ne t’aidera pas,
La résignation te détruira 
Et ton ennemi fera de toi son esclave.
Sa religion ne l’en dissuadera pas
Car, il ne craint pas et se proclame bon croyant,
Et pour son âme, donne aux siens l’aumône.

L’Afrique que j’aime, c’est celle qui en tout se libère ;
Celle qui brise toutes les chaînes, 
Sort des prisons, détruit  les  pénitenciers
L’Afrique qui se bat et refuse la pitié,
Celle qui poursuit les esclavagistes et les combat,
Celle qui ne veut plus d’humiliation ;
Celles des Africains qui ne vendent pas leurs frères.
Celle qui est crainte, qui aime  et qui protège ses enfants ;
Celle des matins heureux, de la dignité affirmée et partout défendue.

Daniel Tongning
Le 02 décembre 2017