samedi 15 décembre 2012

"Aujourd'hui je suis mort" de Stéphanie Dongmo

Je connaissais la journaliste ; je connaissais Stéphanie Dongmo, mais pas encore l’écrivaine jusqu’à la publication aux éditions de l’Harmattan « Aujourd’hui je suis mort ». A l’occasion, et pour en parler, nous nous sommes rencontré à Paris, dans un restaurant de la place de la République. Une place chargée d’histoire, une place qui a vu tomber la bastille toute proche. On dirait la place des libertés, de libre propos. A propos, des libres propos, nous en avons tenus lors de notre dîner sur la culture au Cameroun ; de la lecture et de la consommation des livres dans les écoles et collèges de ce grand pays. Mais nous étions là pour aussi et surtout pour que je découvrisse « Aujourd’hui je suis mort ». J’étais parti pour lui demander de me raconter la naissance de l’ouvrage. Comme je n’ai jamais réussi à bien dire comment moi j’avais fait pour mes propres œuvres, j’ai gardé mes questions pour moi, car l’ouvrage, je le savais, allait me les donner. L’Ecrivaine, disons un mot à son sujet. Elle est d’un grand naturel, d’une grande curiosité et la parole est toute en courtoisie dite. L’ouvrage ; je l’ai lu et relu. Le contenu est une série de discours sur le combat de ses héros dans la vie. Lorsque le Mort, de l’au-delà regarde les vivants penser et agir, découvre avec stupéfaction les côtés sombres de son propre comportement parmi les vivants. Cela me fait dire qu’il ne peut, à regret, revenir mettre en garde les vivants contre leur manière moins catholique d’être et d’aimer ; lorsque la femme, une vendeuse ambulante perd son client-porte bonheur et que sa journée se transforme en une suite d’événements malheureux, ça nous interroge sur notre volonté de forcer le destin et sur ce qu’il faut faire lorsque, nos créanciers ne veulent pas nous écouter au motif que nous leur devons et que nous devons nous exécuter ; lorsqu’une jeune femme a toujours était bonne avec un garçonnet mal aimé et que son premier échec amoureux lui fait perdre l’amour du garçonnet, ça interroge sur l’amour et ses malheurs sur notre bien-être. Lorsqu’on est sur la crête et que seul l’abime vous attends au moindre faux pas alors, n’est-ce pas se pose-t-on naturellement cette question : Qu’ai-je fait au bon Dieu ? Mais, est-ce vraiment celle de ce Bon Dieu ? Une chose encore ; l’ouvrage est écrit dans un style pur. Comme l’eau de source sur une pente légère et agréable descend vers l’aval, la manière de raconter les situations de Stéphanie Dongmo vous entraîne jusqu’à la fin de l’histoire. J’ai eu plaisir à le lire et salue l’écrivaine. Un de mes amis m’a demandé ce que je pensais du livre après ma lecture. Je lui ai dit : si je te le dis, tu ne me croiras pas alors procure-toi le, et lis-le et alors, tu comprendras pourquoi, ce livre, je l’ai aimé.