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La Flatterie

La flatterie, le sais-tu, s’avance en robe douce, Un murmure enjôleur qui lentement nous pousse. Sous l’apparence d’or qu’elle dépose aux yeux, Elle cache un dessein patient, silencieux.   Elle effleure le cœur comme une main légère, Mais cherche à dissoudre en nous la garde austère ; Elle endort le regard, elle trouble l’esprit, Et glisse un miel trompeur où la vérité fuit.   Le flatteur n’offre rien qu’un appât qui s’avance : Il maquille son jeu sous un masque de chance. Celui qu’il enveloppe, hélas, devient sa proie, Un mouton qu’on prépare à dépouiller de soi.   Dans les cercles humains, familles ou nations, Cette mécanique œuvre en mille variations : Elle panse les affronts qu’elle-même a causés, Et cache les desseins qu’elle veut imposer.   Car la flatterie ment : ce n’est jamais l’amour ; Elle ignore la dignité qu’on doit au détour. Elle ne voit en l’autre un être à respecter, Mais un chemin facile où s’impose sa volonté.   Heureux celui qui sait déceler ...

Poème de la Négritude Economique

Il y a, quelque part entre l’aube et la braise, un continent qui respire dans la paume des vivants. Un continent sans frontières, sans cartes, sans conquérants, un continent qui se lève dans chaque geste noir comme une étoile qui apprend à marcher.  Ce continent, c’est la négritude économique. Non pas une théorie, mais une pulsation. Non pas un programme, m ais une naissance. Non pas une revendication, mais une ascension.  I -Terre  La terre noire n’est pas sombre : elle est profonde.   Elle porte dans ses sillons des mémoires que même le vent n’a pas su disperser. Elle porte des chiffres qui sont des racines, des racines qui sont des promesses, des promesses qui sont des mondes. Dans chaque grain de terre, il y a un futur qui attend son nom. II – Mains Les mains noires sont des cathédrales. Elles ont soulevé des continents, elles ont porté des empires, elles ont façonné des villes sans jamais signer leurs œuvres. Mais voici que les mains se redressent. Voici q...

Le silence des nations

Il est des peuples qui meurent sans bruit, comme s’éteignent les astres lointains : non dans l’explosion, mais dans la lente dissipation de leur lumière. Leur déclin ne commence ni par la guerre ni par la famine, mais par un phénomène plus discret, presque imperceptible : le refus de l’esprit critique. Ce refus n’est pas un simple défaut de pensée ; il est une manière de se détourner du monde, de renoncer à la lucidité, de préférer l’ombre à la clarté. Et ceux qui l’entretiennent, souvent sans même s’en rendre compte, sont les gardiens jaloux d’un exclusivisme social qui, croyant se protéger, scelle en réalité la tombe des nations. I - Quand la pensée se tait, les murs se rapprochent  Le refus de l’esprit critique est une fatigue de l’âme. Il naît lorsque la vérité devient trop lourde à porter, lorsque la complexité du réel effraie, lorsque la contradiction apparaît comme une menace plutôt qu’une chance. Alors, on se replie. On se contente de certitudes usées, de slogans rassurants...

Tribalisme et pouvoir : quand la division devient une stratégie politique

Dans de nombreuses sociétés, le tribalisme continue de façonner la vie politique et sociale. Souvent perçu comme une simple réalité culturelle, il est en vérité bien plus que cela : un outil politique puissant, utilisé pour diviser, gouverner et durer au pouvoir. Le tribalisme repose sur une logique simple mais dangereuse : l’appartenance à un groupe prime sur la citoyenneté. On ne débat plus d’idées ou de projets, mais de qui est des nôtres et qui ne l’est pas. Cette vision réduit la société à une mosaïque de camps opposés, incapables de se rassembler autour d’un intérêt commun. La fragmentation sociale comme terrain fertile Lorsque les individus se définissent d’abord par leur tribu, leur ethnie ou leur région, la cohésion nationale s’effrite. L’État cesse d’être un espace partagé et devient une ressource à conquérir. L’accès aux emplois, aux opportunités et à la reconnaissance dépend alors moins du mérite que de l’appartenance. Cette situation nourrit frustrations, ressentiments et ...

L’irrationalité camerounaise : mode d’emploi d’un chaos qui fonctionne

Au Cameroun, l’absurde n’est pas une anomalie. C’est un mode de fonctionnement. Une constante du paysage. Une logique parallèle qui, à force de répétition, devient normale. Un pont s’effondre trois mois après son inauguration ? Pas de panique. L’administration a "pris acte" et promet une "enquête approfondie". Un enseignant contractuel n’est pas payé depuis huit mois ? On lui demande... de faire preuve de patience. Bienvenue dans un pays où l’irrationnel ne choque plus : il fait partie du décor. Mais pourquoi ? Et surtout : comment ça tient encore debout ? Quand l’anormal devient banal Au fil des années, les Camerounais ont appris à vivre dans le paradoxe permanent. Ce n’est pas que rien ne fonctionne. C’est que rien ne fonctionne comme prévu. Les administrations sont lentes, les institutions souvent impuissantes, les règles changent sans prévenir. Mais malgré tout ça, les gens avancent. Ils s’adaptent. Ils créent. Et plutôt que de crier au scandale chaque fois que ...

Le poids de la vérité

La vérité m'offrait d'heureuses émotions, Un feu pur, éclatant, fait de révélations. Le mensonge cruel, aux funestes murmures, Me laissait dans le cœur de profondes blessures. Et le temps infini, tout de sagesse fait, Jugeait sans un mot, mais jamais ne faillait. Il sculptait lentement, d'une main souveraine, Les traits de l'esprit, les contours de la peine. Ainsi va l'existence, entre ombre et clarté, Tirant de chaque pas sa propre vérité. Le silence du temps, plus fort que mille cris, Pèse plus qu’un serment ou qu’un aveu trahi.

Philosophie du droit administratif : la pensée du Professeur Jean Calvin Aba’a Oyono

Le Professeur Jean Calvin Aba’a Oyono, universitaire camerounais agrégé en droit public, est une figure marquante du paysage juridique africain. Spécialiste du droit constitutionnel et administratif, il développe une philosophie du droit qu’il qualifie lui-même d’« églisienne », une approche rigoureuse, doctrinale et profondément engagée. Une vision doctrinale du droit administratif Au cœur de sa pensée se trouve une conviction forte : les institutions administratives, notamment les fédérations sportives comme la Fécafoot, doivent bénéficier d’une autonomie réelle vis-à-vis de l’État. Il affirme que « la Fédération n’est pas une administration publique » et rejette toute idée de tutelle hiérarchique exercée par le ministère des Sports.  Cette position, qu’il a défendue publiquement lors du conflit entre la Fécafoot et le gouvernement camerounais, illustre sa volonté de sanctuariser les espaces de gouvernance associative. Pour lui, le droit administratif ne doit pas être un inst...