La Flatterie
La flatterie, le sais-tu, s’avance en robe douce, Un murmure enjôleur qui lentement nous pousse. Sous l’apparence d’or qu’elle dépose aux yeux, Elle cache un dessein patient, silencieux. Elle effleure le cœur comme une main légère, Mais cherche à dissoudre en nous la garde austère ; Elle endort le regard, elle trouble l’esprit, Et glisse un miel trompeur où la vérité fuit. Le flatteur n’offre rien qu’un appât qui s’avance : Il maquille son jeu sous un masque de chance. Celui qu’il enveloppe, hélas, devient sa proie, Un mouton qu’on prépare à dépouiller de soi. Dans les cercles humains, familles ou nations, Cette mécanique œuvre en mille variations : Elle panse les affronts qu’elle-même a causés, Et cache les desseins qu’elle veut imposer. Car la flatterie ment : ce n’est jamais l’amour ; Elle ignore la dignité qu’on doit au détour. Elle ne voit en l’autre un être à respecter, Mais un chemin facile où s’impose sa volonté. Heureux celui qui sait déceler ...