Tribalisme et pouvoir : quand la division devient une stratégie politique

Dans de nombreuses sociétés, le tribalisme continue de façonner la vie politique et sociale. Souvent perçu comme une simple réalité culturelle, il est en vérité bien plus que cela : un outil politique puissant, utilisé pour diviser, gouverner et durer au pouvoir.
Le tribalisme repose sur une logique simple mais dangereuse : l’appartenance à un groupe prime sur la citoyenneté. On ne débat plus d’idées ou de projets, mais de qui est des nôtres et qui ne l’est pas. Cette vision réduit la société à une mosaïque de camps opposés, incapables de se rassembler autour d’un intérêt commun.
La fragmentation sociale comme terrain fertile
Lorsque les individus se définissent d’abord par leur tribu, leur ethnie ou leur région, la cohésion nationale s’effrite. L’État cesse d’être un espace partagé et devient une ressource à conquérir. L’accès aux emplois, aux opportunités et à la reconnaissance dépend alors moins du mérite que de l’appartenance. Cette situation nourrit frustrations, ressentiments et méfiance généralisée.
Le tribalisme au service de la longévité politique
Pour certains dirigeants, cette fragmentation est une bénédiction. En maintenant les populations divisées, ils empêchent l’émergence d’une opposition forte et unie. Les revendications citoyennes – justice sociale, bonne gouvernance, lutte contre la corruption – sont étouffées par des conflits identitaires savamment entretenus.
Le pouvoir se légitime alors non par les résultats, mais par la peur : peur de l’autre, peur de la perte d’influence, peur de l’exclusion. Critiquer un dirigeant devient synonyme de trahir son groupe. La loyauté tribale remplace le débat démocratique.
Des conséquences lourdes pour l’avenir
À long terme, cette logique affaiblit les institutions, bloque le développement et prépare le terrain à des crises récurrentes. Une société qui se gouverne par l’identité plutôt que par le droit finit par se fragiliser elle-même.
Sortir du piège
Dépasser le tribalisme ne signifie pas nier les identités, mais refuser qu’elles dictent l’accès au pouvoir et aux ressources. Cela suppose de renforcer la citoyenneté, l’égalité devant la loi et des institutions inclusives, capables de servir tous sans distinction.
En conclusion
Le tribalisme n’est pas une fatalité historique. Il est souvent un choix politique conscient, utilisé pour fragmenter la société et préserver des intérêts particuliers. Tant que cette logique dominera, la démocratie restera fragile et le vivre-ensemble menacé.


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