Poème de la Négritude Economique
Il y a, quelque part entre l’aube et la braise, un continent qui respire dans la paume des vivants. Un continent sans frontières, sans cartes, sans conquérants, un continent qui se lève dans chaque geste noir comme une étoile qui apprend à marcher.
Ce continent, c’est la négritude économique. Non pas une théorie, mais une pulsation. Non pas un programme, mais une naissance. Non pas une revendication, mais une ascension.
I -Terre
La terre noire n’est pas sombre : elle est profonde.
Elle porte dans ses sillons des mémoires que même le vent n’a pas su disperser. Elle porte des chiffres qui sont des racines, des racines qui sont des promesses, des promesses qui sont des mondes.
Dans chaque grain de terre, il y a un futur qui attend son nom.
II – Mains
Les mains noires sont des cathédrales.
Elles ont soulevé des continents, elles ont porté des empires, elles ont façonné des villes sans jamais signer leurs œuvres.
Mais voici que les mains se redressent. Voici qu’elles disent : « Je suis capitale.Je suis industrie.Je suis nation. »
Et le monde tremble un peu, comme lorsqu’une vérité longtemps retenue se met enfin à parler.
III – Souffle
Un souffle noir traverse la planète.
Il court dans les tambours, dans les moteurs, dans les câbles de fibre optique, dans les marchés de Lagos, dans les satellites de Nairobi, dans les rêves de Port-au-Prince.
Ce souffle dit : « Je ne serai plus périphérie. Je serai centre.Je serai constellation. »
Et les frontières se déplacent, comme des dunes sous un vent nouveau.
IV - Mémoire
La mémoire noire n’est pas un poids : c’est une énergie.
Elle brûle, elle éclaire, elle propulse.
Elle n’exige pas la réparation comme une plainte, mais comme une équation cosmique : ce qui fut pris doit revenir, ce qui fut brisé doit renaître, ce qui fut nié doit resplendir.
La mémoire est une monnaie de lumière. Elle ne s’échange pas : elle se transmet.
V - Lumière
La lumière noire n’est pas une contradiction : c’est une naissance. Elle brille dans les tissus wax comme des galaxies portées sur les épaules.
Elle danse dans les musiques qui font vibrer les continents. Elle éclate dans les innovations qui surgissent comme des éclairs.
La négritude économique est une esthétique : elle transforme la beauté en puissance, le rythme en architecture, le style en souveraineté.
VI - Le monde qui vient
Un jour, les peuples noirs ne demanderont plus.
Ils définiront. Ils traceront leurs propres équations, leurs propres industries, leurs propres manières de compter, de partager, de rêver.
Et le monde écoutera, non par charité, mais par nécessité.
Car la négritude économique n’est pas un retour : c’est une invention.Une invention du futur.
Un futur où la dignité est un moteur, où la souveraineté est une lumière, où la créativité est une loi, où la solidarité est une science.
VII – Chant
La négritude économique est un chant.
Un chant pour les terres, les mains, les souffles, les mémoires, les lumières.
Un chant pour les peuples qui ont trop longtemps été comptés sans être consultés. Un chant pour ceux qui savent que l’économie n’est pas une machine, mais une manière d’habiter le monde.
Ce chant dit simplement : « Nous sommes là. Nous avons toujours été là.
Et maintenant, nous avançons. »
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