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Affichage des articles du août, 2026

Le pouvoir tribal et l’effondrement du développement du Cameroun Essai sur la confiscation du politique et la nécessité d’une pensée de la transformation

Le développement d’un pays ne dépend pas seulement de l’abondance de ses ressources, de la qualité de ses infrastructures ou de la compétence de ses dirigeants. Il dépend fondamentalement de la capacité d'une société à transformer ses ressources en puissance collective. Le développement est, en ce sens, une œuvre politique avant d'être une simple performance économique.  Il suppose l'existence d'un pouvoir capable de dépasser les intérêts particuliers pour produire une orientation commune, une vision du futur et une organisation rationnelle des forces sociales.  C'est à partir de cette proposition qu'il devient possible d'interroger la situation du Cameroun.  La question camerounaise ne serait pas seulement celle d'un pays qui ne se développe pas suffisamment. Elle serait celle d'un pays dont les potentialités considérables semblent constamment rencontrer une limite politique et institutionnelle. Cette limite peut être recherchée dans la nature du po...

La réforme constitutionnelle et la maîtrise de la succession au Cameroun

La dernière réforme du texte fondamental camerounais peut être interprétée comme une tentative de maîtriser à l’avance la succession présidentielle et, plus largement, d’empêcher que la vacance du pouvoir ne devienne le point de départ d’une recomposition imprévisible des équilibres politiques, régionaux et sociologiques du pays. Il serait toutefois excessif d’affirmer que la réforme vise explicitement à empêcher l’accession au pouvoir d’un anglophone ou d’un Bamiléké, car aucune disposition constitutionnelle ne comporte une telle exclusion. La question doit plutôt être posée en termes de mécanismes institutionnels et de contrôle de la compétition politique. La création d’une vice-présidence constitue, à cet égard, une modification décisive. Désormais, le vice-président est nommé par le président de la République et, en cas de décès, de démission ou d’empêchement définitif du chef de l’État, il lui succède pour achever son mandat. La vacance présidentielle cesse ainsi d’être nécessai...